Écouter son corps et en prendre soin

Publié le par Essentielle

 

Par Michèle Freud http://www.michelefreud.com/

Nombreuses sont les métaphores à utiliser le corps comme si ce bon sens populaire avait pressenti, bien avant l’aube de la psychologie, la réalité de la somatisation. « Se ronger les sangs, se faire de la bile, parler avec ses tripes », ou encore « avoir les reins solides, ou ça me prend la tête…. » sont des locutions quitrouvent aujourd’hui une assise scientifique grâce aux travaux des biochimistes ; ce qui tend de plus en plus à réduire la dichotomie entre corps physique et corps psychologique.

 

 

 

– Avoir le cœur gros répond à une réalité physique : l’émotion réduit la fréquence cardiaque et augmente parallèlement la stase veineuse, ce qui procure une impression de cœur lourd. La souffrance psychique peut provoquer une réelle souffrance physique, souvent prise à tort pour un infarctus. Sous un choc émotionnel, le muscle cardiaque se spasme et provoque une contraction douloureuse dans la poitrine, un engorgement des poumons avec respiration difficile et élancements dans les bras, c’est ce que les Anglo Saxons nomment le syndrome du cœur brisé Dû à un déversement d’adrénaline et de noradrénaline dans le sang ; il est généralement causé par un stress affectif.
– Avoir une boule dans la gorge ou à l’estomac répond à ce même principe : le stress libère en effet un flot de substances chimiques, les neurotransmetteurs, de nature à provoquer un spasme de l’œsophage. Lors d’un stress important, le cerveau renvoie le trop plein vers les organes qui impriment l’émotion dans leurs fibres. Ce phénomène se traduit par le processus de somatisation.
– Se faire des cheveux blancs est synonyme de se faire du souci. Le blanchiment prématuré (canitie) peut surgir en cas de forte frayeur. Les cheveux de Marie Antoinette, épouse de Louis XVI, blanchirent en une nuit, l’avant veille de son exécution relate l’histoire.
– L’épiderme s’exprime à travers des sécrétions de molécules odoriférantes, les glandes sudoripares, sébacées ou apocrites. La peau, organe sensoriel qui traduit aussi nos sentiments, fait la jonction entre le « dehors » et le « dedans »,elle est le lieu privilégié de l’expression émotionnelle.


New England Journal of medecine

Une émotion forte a toujours une résonance sur nos organes. À chaque première représentation, le comédien Louis Jouvet, déclenchait, du fait de son trac, une poussée d’eczéma paroxystique. Quand nous sommes anxieux, angoissés et que nous nous trouvons dans l’impossibilité de verbaliser notre peur, celle-ci se traduira par une allergie, des vomissements, des palpitations ou par tout autre message. Quand nous réprimons notre colère, notre corps répondra par un lumbago, ou une inflammation d’un organe. Il n’est pas rare de voir un kyste se faire l’écho d’un chagrin par exemple.
– Notre ventre lui aussi s’exprime.
Le bon sens nous fait parfois réagir avec nos tripes comme si, en effet, notre ventre était, plus que le cœur, le siège de nos émotions et contenait une sorte de radar doté de surcroît d’un 6e sens. On savait déjà qu’il existait à l’intérieur de notre cerveau, l’hémisphère gauche spécialisé dans le langage, le rationnel, la logique et l’hémisphère droit qui est celui de l’émotion, de l’intuition, de la créativité. Très récemment, Mickael Gershon , chercheur américain, s’est intéressé à un troisième cerveau appelé « cerveau entérique ». Tapi au fond de notre ventre, celui-ci contiendrait une centaine de millions de neurones de nature à influencer notre comportement et notre santé.
Pavel Kucera, Professeur de physiologie à l’Université de Lausanne approfondit le sujet et souligne que le cerveau abdominal envoie neuf fois plus d’informations vers la tête qu’il n’en reçoit. Le système nerveux entérique est en effet responsable de l’entretien et de la régulation du système digestif, il collabore avec le système immunitaire et peut modifier le taux de prolifération des muqueuses intestinales. P. Kucera en évoquant « un cerveau enroulé autour de l’intestin pouvant travailler de manière indépendante du cerveau principal » explique que notre santé dépendrait de l’entente entre nos deux centres nerveux. Il constate que certaines maladies du système digestif sont étroitement liées à l’état psychique du patient. C’est le cas notamment du colon irritable, une affection qui atteint environ 20 % de la population provoquant des douleurs dans l’abdomen, des selles irrégulières et l’accumulation d’air dans l’intestin. 40 % de ces malades souffrent souvent aussi d’angoisses et de dépression. Le responsable en serait ce cerveau abdominal, qui, soumis au stress, produirait des substances irritantes. L’atmosphère psychique, semble avoir une incidence sur le fonctionnement de notre ventre. Les enseignements orientaux accordent d’ailleurs depuis des millénaires la primauté au « hara », le ventre, roue de la sagesse, qu’ils considèrent comme le centre de la sérénité et de l’équilibre.


Professeur au département d’anatomie et de biologie cellulaire à l'Université de Columbia aux Etats Unis,

Interview du magazine Spirale n° 42

Corps et psyché

Notre cerveau joue un rôle capital dans le processus de notre fonctionnement psychique. Le système nerveux central dépend de la régulation de l’organisme et de nos comportements. En coordination avec le système limbique, il permet de faire face à l’environnement. L’hypothalamus réagit à un choc, en déclenchant toute une série de réactions : accélération cardiaques, montée d’adrénaline, augmentation de la sécrétion de liquide gastrique. Chacun met en place une stratégie d’ajustement pour gérer son émotion. L’alerte passée, tout rentre dans l’ordre.
Quand un événement déborde notre capacité à faire face, le psychisme se fige. Le cerveau submergé d’émotions et de tensions, décharge alors son trop plein sur nos organes, les émotions imprègnent nos fibres. La conscience n’a pas d’autre alternative que d’inscrire la douleur dans le corps : c’est le principe du processus de somatisation. Mal au foie, à l’estomac, au ventre, migraine, vertiges, eczéma, vomissements ou nausées, avant un entretien capital ou après une contrariété ou un choc émotionnel, sont quelques uns des maux somatiques dont nous souffrons pour la plupart d’entre nous.

 

Qu’est ce que la psychosomatique ?
Le terme psychosomatique, du grec psukhé (âme) et soma (corps) est apparu au XIXe siècle. Ce nouveau courant médical vise à introduire des facteurs psychiques pour rendre compte de certaines maladies. La médecine psychosomatique s’est construite autour de deux théories :
? celle de la névrose d’organe qui affirme que les émotions trop réprimées créent des troubles fonctionnels puis des maladies organiques.
? celle de la spécificité, qui elle soutient qu’à chaque émotion correspond un syndrome physique spécifique. Une somatisation est une projection sur le plan corporel des perturbations émotionnelles. L’organisme se comporte tel un miroir de l’âme : quand l’état émotionnel est secoué, c’est l’énergie de l’organe qui en pâti. Angoisses, contrariétés, chagrin, dépression se convertissent en vertiges, palpitations, douleurs lombaires…

 

 

 

 

Corps et langage

A travers des symptômes, notre corps nous envoie des messages, souvent même, ce sont de vraies balises de détresse pour nous signifier notre déséquilibre intérieur. Nos maladies sont des messages et nos symptômes un langage. Ce langage du corps peut paraître bien énigmatique pour un néophyte. « Quand ça ne passe pas par la bouche, il faut bien que ça passe ailleurs ! » écrit Groddeck , contemporain de Freud, considéré comme le père de la médecine psychosomatique, et auteur attentif du langage du corps vécu. Pour lui, nos organes parlent, une douleur abdominale serait une manifestation somatique d’une question restée sans réponse. Ce qui est tu, réprimé, s’exprimera à même le corps chargé de supporter tous ces silences. Il se fait l’écho de nos frustrations et tourments dont nous ne sommes pas toujours conscients.

Patricia est une secrétaire modèle. Toujours à la tâche, elle est la dernière à quitter son bureau et ne sait pas dire non. Elle se plaint de douleurs récurrentes et de crampes au niveau de l’estomac, ses examens médicaux ne révèlent rien de particulier. « Mon travail est purement alimentaire dit-elle et chaque matin, en venant, je ne peux m’empêcher de penser que je suis nulle d’avoir loupé le concours d’entrée qui m’aurait permis d’être orthophoniste » confie t-elle. J’en suis même ulcérée. Elle finit par être hospitalisée pour un syndrome d’épuisement.

 

L’inconscient lui aussi se manifeste, tant par le langage que par le corps. Lorsque notre désir fondamental est brimé, le déséquilibre psychologique retentit sur le système endocrinien et végétatif et nous risquons de tomber malade. La maladie doit-elle être obligatoirement le prix à payer pour obtenir le droit de souffler ? Faut-il que le corps souffre pour qu’il se mettre à parler ?
Selon le philosophe David Bakar, la maladie est révélatrice d’une scission à l’intérieur de l’individu. Cette idée fait écho à la sagesse antique selon laquelle la maladie est signe de disharmonie entre corps et esprit : les maux du corps viennent dire tout haut ce que nous pensons ou éprouvons tout bas.

Les mots jouent avec les maux et s’entre-tissent en une réalité complexe, car il s’agit bien d’entendre, de voir, de regarder et d’écouter quelquefois au-delà des mots.

Un an, jour pour jour après son divorce, et six mois après son licenciement, lors d’une mammographie de routine, un cancer du sein est décelé chez Cécile. « J’avais immédiatement fait le lien avec le licenciement, pas vraiment avec la séparation » déclare-elle.

Tout symptôme qui se traduit dans le corps est la résultante d’une souffrance qui s’est d’abord inscrite dans la psyché et qui n’a pas été entendue par le conscient. Il existerait toujours un temps de latence entre la psyché et le corps. Souvent même, plusieurs années s’écoulent avant que le symptôme psychique non entendu par la personne se manifeste par une somatisation en se matérialisant dans le corps.
Pour certains psychanalystes, une maladie apparaît lorsque plusieurs conditions sont réunies :
– dans un premier temps, une séparation d’avec un être cher ;
– dans un deuxième temps, une autre séparation se produit, et agit comme une répétition traumatisante de la première ;
– dans un troisième temps, quelques mois après, voire un an plus tard, le trouble psychosomatique apparaît : asthme, colite, douleurs de dos ou maux divers. L’événement traumatique n’ayant pu être intégré, il ressurgira dans le corps. La lésion apparaît à un moment-clef : lorsqu’un chiffre, un nom, une date ou un fait particulier sont susceptibles de raviver le souvenir de l’événement traumatique

 

L’organe cible

Lors d’un dysfonctionnement organique, un « organe cible » est spontanément choisi. Ce que la personne exprime à travers la désignation de ce lieu du corps n’est pas étranger à la fonction de ce dernier. L’estomac par exemple peut être touché pour tout ce qui concerne le verbe « digérer » (ne pas digérer une situation ou une substance). Ici, la digestion est prise dans le sens métaphorique, indiquant la manière dont la situation est vécue. Ên ce qui concerne le sein, on retrouve souvent une difficulté liée au verbe « nourrir » (au sens propre comme au figuré). Tout se passe comme si certains événements restaient mémorisés dans le corps et s’y inscrivaient dans une partie précise. Chaque organe cible est en rapport avec sa propre personnalité et les manières de somatiser sont nombreuses. Inconsciemment, le malade utilisera la partie la plus sensible de son corps pour fixer son appel affectif. Le corps possède en effet des points de cristallisation, chacun présente une sorte de talon d’Achille. Si par exemple votre organe de prédilection est le foie, vos troubles hépatiques se feront peut-être l’écho d’une colère rentrée et toutes vos émotions se reporteront sur lui.
Dans notre ADN, nous véhiculons aussi la mémoire du passé et la fragilité de nos aïeux. Ainsi peut-il y avoir une prédisposition héréditaire pour tel ou tel type d’affection ; il existe en effet des familles de migraineux, d’eczémateux, d’asthmatiques, etc.

 

Du bon usage des maux

Si nous voulons bien accepter d’entendre ce corps comme la métaphore de notre mal être, ce miroir se révèle être d’une étonnante précision. Nos maux peuvent nous servir à affiner notre écoute. « Ce sont nos maladies qui nous guérissent » argumentait Jung. La plupart du temps, nous ne savons pas entendre au fond de nous ce qui fait symptôme. Nos peurs multiples nous empêchent de les avouer, aussi préférons-nous les bâillonner. N’osant pas signifier notre colère de peur d’être moins aimé, nous la réprimons. C’est ainsi que nous étouffons la plupart de nos émotions. Quand l’âme est bâillonnée, c’est le corps qui devise. Somatiser devient alors la seule façon de faire acte de présence en tant qu’êtres parlants.
Certains, réfractaires aux théories donnant un sens à la maladie, pensent tout simplement qu’il n’y a rien à comprendre et estiment que la médecine traditionnelle répond parfaitement à la maladie dans sa prise en charge. D’autres ne se reconnaissent pas dans les différentes explications symboliques et préfèrent les occulter, sans doute parce qu’ils ne sont peut-être pas prêts à leur faire face.
Les symboles sont les paraboles de notre corps, ils renferment au départ toutes les informations. Ils sont codés pour nous permettre de les aborder à toute petite dose, car nous ne sommes pas toujours préparés à tout entendre ou tout comprendre et nos mécanismes de défense sont ici bien utiles.
Lorsque je reçois Sonia, elle passe de longues heures à se laver les mains. Au cours de sa thérapie, elle m’apprend qu’elle sait depuis peu que son père biologique n’était pas celui qu’elle considérait comme son père. Elle n’arrivait pas à l’assimiler. Elle a besoin de s’en laver…Il lui a fallu de longs mois avant de pouvoir faire le lien avec son symptôme.

Nos pathologies ont toujours un sens, même si nous n’arrivons pas à les décoder systématiquement. Bien sûr, tous nos bobos ne sont pas forcément interprétables. Un problème ponctuel de constipation par exemple peut être dû à une mauvaise hygiène alimentaire ou à d’un manque d’exercice. Un symptôme attire l’attention quand il est récurrent, ou quand il survient de façon fulgurante ou inhabituelle : sciatique, lombalgie, tendinite, eczéma, boulimie etc. Corps, symptôme, paroles, écoute pourront s’articuler pour donner un sens au symptôme…
Gardons-nous néanmoins d’une interprétation systématique du « tout psy » et méfions-nous aussi de toute pensée magique ou des dérives. Il s’agit d’hypothèses, de symboles, d’images que l’on peut suggérer pour clarifier un lien entre des événements et un symptôme et non de plaquer une grille de lecture symbolique sur des lésions physiques, (et vice-versa), auxquelles elle ne s’appliquerait pas.
Quel que soit notre degré de croyance, il nous faut prendre conscience que la véritable prévention commence par le soin que l’on s’accorde à soi-même. Sur le chemin de l’accomplissement personnel, notre corps est notre meilleur allié sur la voie de l’harmonie. Il porte en mémoire, à la fois notre vécu et les solutions à nos problèmes.
Si nous prêtons attention aux messages qu’il nous envoie, nous saurons, pour nous épanouir, reconnaître cette petite voix intuitive qui nous signale un déséquilibre plutôt que de la faire taire avec des tranquillisants. C’est à travers cette écoute que nous serons capable d’analyser la pertinence de nos actes et de nos croyances et les faire évoluer si nous le jugeons utile.

Des pistes pour mieux vivre son corps et sa vie

Pour sonder notre corps, il nous faut apprendre à ouvrir les canaux de communication, entre notre conscience et notre corps. La maladie peut offrir l’occasion d’une remise en question, voire même d’une transformation positive. Nous possédons tous un potentiel de créativité d’inventivité et de sensibilité que notre parcours nous a permis d’acquérir. Les crises, les bouleversements et la maladie ne surgiraient pas par hasard nous enseigne encore Carl G. Jung. Ils nous serviraient d’indicateurs pour rectifier une trajectoire, explorer de nouvelles orientations, expérimenter un autre chemin de vie.
Nombre d’entre nous n’ont jamais appris à prendre soin d’eux mêmes. Nos relations reposent quelquefois sur des tentatives d’essayer de trouver quelqu’un qui puisse le faire à notre place. Que signifie prendre soin de soi ? Les réponses sont quelquefois aussi simples que de s’offrir un peu de repos. Or, nous attendons souvent l’extrême limite pour nous autoriser à prendre soin de nous. Prendre conscience de son corps, c’est s’octroyer régulièrement un rendez-vous avec soi, à travers simplement une petite pause plaisir pour se détendre. En prenant davantage soin de notre corps, nous apprendrons à reconnaître les signes de tensions, de fatigue et saurons y remédier. En prenant l’habitude d’être à l’écoute de soi même tant au niveau de son ressenti corporel que de ses sentiments, nous saurons donner sens à nos émotions, contrariétés, souffrances psychiques et perturbations somatiques et prendre les mesures qui s’imposent pour retrouver équilibre et harmonie.

Apprenez à écouter votre corps

Pourquoi accordons-nous si peu de temps et d’intérêt à améliorer notre condition intérieure ? N’est-elle pas celle qui détermine la qualité de notre vie ? Se centrer sur l’écoute permet de réduire toutes les tensions psychiques et physiques, d’accueillir les différents messages, d’identifier nos besoins réels et d’y répondre en redéfinissant par exemple nos limites, nos priorités et en repensant nos choix. Prendre soin de soi permet d’entretenir une meilleure relation avec les autres.
Ecouter son corps, c’est entrer en contact avec lui, en être conscient, l’habiter, se fier à son intuition, se faire confiance. C’est aussi prendre le temps d’écouter nos sentiments et essayer d’y répondre par une action appropriée. Si par exemple nous ressentons des tensions qui se manifestent dans la nuque, dans les épaules, à force d’avoir trop travaillé sur ordinateur, nous pouvons accepter de nous arrêter juste un court instant pour nous détendre. Ecouter son corps, mais aussi oser écouter les « mots » de l’âme, surtout ceux qu’on ne prend pas le temps d’entendre. C’est dans le silence que l’on entend les réponses.
L’une des étapes importantes dans cette démarche d’identification est de comprendre quel message se cache derrière notre symptôme. Il s’agit non seulement de savoir quel problème vient signaler la maladie mais aussi d’analyser ce qu’il y a lieu de modifier ou changer.
Un grand nombre de nos maladies courantes ou chroniques surviennent lorsque nous sommes incapables d’affronter efficacement une situation.
En thérapie, dans la plupart des cas, lorsque nous abordons la dimension psychologique de la maladie, il apparaît les patients ne s’accordent pas de temps à prendre soin de leurs propres besoins physiques ou émotionnels. Ils ont accepté une vie avec des contraintes et des devoirs, sans se soucier d’eux-mêmes. « L’essentiel est que mes enfants aillent bien, moi ce n’est pas important » déclarait cette mère de famille souffrant de symptômes à répétition. Ce non-respect de soi-même se reflétait dans son corps. C’est à travers la prise en compte de ses propres besoins, de ses perceptions et sentiments qu’elle a pu faire cesser ses douleurs.

 

Éveillez vos sens

Notre cerveau est le réceptacle de myriades d’énergies qui nous entourent. En apprenant à vous connecter davantage à vos cinq sens, vous découvrirez toute la richesse d’une palette de perceptions sensorielles. Vous expérimenterez de façon plus tangible, le plaisir d’être davantage en contact avec votre corps, avec vos émotions, avec la nature, avec la vie dans toutes ses sources de sensualité et de plaisirs. En affinant ces perceptions, vous vous remplirez d’énergie, source essentielle de vie et d’harmonisation Esprit-Corps et d’autres sens s’éveilleront encore en vous, (créativité, imagination, intuition, etc…) sens qui vous ouvriront encore davantage à la vie. Notre réseau sensoriel est essentiel, il filtre les informations à travers les énergies électriques de esprit et de nos émotions et nous permet de percevoir les réalités qui nous entourent, d’où l’importance des exercices sur les cinq sens. Prenez le temps de recharger chaque jour votre réseau sensoriel : regardez, touchez, humez, goûtez, écoutez en toute conscience.
Choisissez par exemple une activité routinière et décidez de l’effectuer plus consciemment. Commencez par ralentir tous vos gestes et prenez conscience d’une foule de détails auxquels vous n’accordiez pas d’importance, comme prendre une douche en percevant l’eau glisser le long de vos jambes, de vos bras, repasser vos vêtements et ressentir l’odeur du linge que vous mettez dans l’armoire, boire un thé en vous attardant sur son arôme, sa couleur etc.
Faites en sorte que seule l’activité du moment soit la plus importante.
Écoutez par exemple une musique agréable. De nombreuses études en neurophysiologie et psychologie ont mis en évidence le pouvoir thérapeutique de l’œuvre de Mozart (notamment le violon) sur l’ensemble de notre système nerveux (meilleure régulation du sommeil, de l'appétit, augmentation de la créativité, des facultés de concentration et d'attention, de la mémoire auditive, verbale et visuelle).
Accordez-vous aussi le droit de ne rien faire, sans panique, sans culpabilité, prenez votre temps, installez-vous par exemple à la terrasse d’un café, dans un jardin public, ou simplement dans votre salon, et observez, écoutez, percevez, sentez….autant de manières d’embellir votre quotidien en le vivant pleinement avec tous vos sens.

Respirez

A l’origine est le souffle. L’humanité a très tôt pris conscience de la puissance du souffle maîtrisé. Toutes les traditions corps-esprit commencent par ce travail sur la respiration. Les scientifiques en redécouvrent aujourd’hui les vertus. La respiration calme le système nerveux en favorisant les réactions parasympathiques. Résultat: le cœur ralentit, la pression sanguine baisse, la circulation et la digestion s’améliorent, le système immunitaire est renforcé. La maîtrise du souffle permet un état de concentration maximum. Les neuroscientifiques ont découvert par exemple que la simple focalisation de l’attention déplace l’activité cérébrale des émotions négatives vers les positives. La pratique de la respiration, c’est une petite cure d’attention qui permet de calmer notre perpétuelle agitation mentale. Habituons-nous par exemple au quotidien à être davantage vigilant à notre état intérieur, en percevant simplement la présence attentive du souffle, avec la sensation agréable de bénéficier d’un peu de temps pour être avec soi, attentif aux mouvements que l’on effectue. Attentif à soi, mais aussi à son environnement. A chacun sa recette pour retrouver sa place et reprendre son souffle.

Michèle Freud est psychothérapeute, auteur d’ouvrages dont Mincir et se réconcilier avec son corps chez Albin Michel, et de nombreux C.D. audio de sophrologie et de psychologie.
Elle dirige également l’Ecole de Sophrologie du Var
A paraître en mars 2007 un nouvel ouvrage sur le corps chez Albin Michel
Voir site
www.michelefreud.com

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